Les Héritiers - 1

Publié le par Arkeane

"La forêt prenait des teintes d’or et de rouge."

Le vent soufflait, le soleil d’automne déclinait lentement dans le ciel, la forêt prenait des teintes d’or et de rouge. Un cheval d’un noir de jais apparus au détour d’un chemin, portant une jeune fille, Adélaïde, sur son dos.

Se laissant bercer par le pas régulier de sa monture, Adélaïde regardait les feuilles, aux couleurs de l’automne, tomber des arbres ; tout ceci lui fit penser à un gigantesque incendie. Elle frissonna à cette pensée et les événements douloureux de la veille lui revinrent en mémoire : son village natale en flamme, des barbares s’en prenant aux villageois, mettant le feu aux maisons et aux granges à foin. Tout brulait, tout le monde se bousculait en criant. La mère d’Adélaïde lui donna un cheval qu’elle avait réussi à rattraper et lui dit de fuir. Ce furent les dernières paroles provenant de sa mère qu’elle entendit. Elle sauta à cheval mais avant de s’éloigner elle eue le temps de voir son père tomber, le visage contre le sol.

Apocalypse, ainsi qu’Adélaïde avait surnommé le cheval, s’ébroua, ce qui la tira de ses pensées. La nuit était tombée et Adélaïde décida de s’arrêter un peu pour dormir. Le lendemain elle reprit sa route. Dans l’après midi elle découvrit une tour, une grande tour noire, et, intriguée par ce monument, elle décida d’y pénétrer. Elle ne savait pas encore que cette tour changerait son destin à jamais.

Après avoir attaché Apocalypse à un arbre, Adélaïde alla frapper à la porte de la tour, mais personne ne répondit. Elle tourna la poignée, et dans un grincement cette dernière s’ouvrit.

- Il y a quelqu’un ? demanda timidement Adélaïde en entrant dans la demeure.

L’endroit était sinistre, l’ombre y régnait, cependant Adelaïde discerna un trait de lumière qui s’échappait en dessous d’une porte en face d’elle.

A peine eut-elle ouvert cette porte qu’une voix s’éleva dans la salle :

- Bienvenue Adélaïde, je vous attendais.

Malgré la pâle lueur de la bougie Adélaïde aperçu un vieillard tout ridé assis sur un fauteuil dans un coin de la pièce.

- Qui…Qui êtes vous ? Comment connaissez-vous mon nom ? demanda Adélaïde avec une pointe d’inquiétude dans la voix.

- N’ayez crainte, chacune de vos questions trouvera sa réponse en temps voulu, répondit calmement le vieillard, venez vous asseoir, vous devez être fatiguée après ce long voyage.

- J’ai attaché mon cheval à l’extérieur, je ne voudrais pas qu’il reste trop longtemps tout seul.

- Ne vous inquiétez pas, j’ai envoyé Augustin, mon majordome, le chercher pour l’amener dans mon écurie. Et maintenant venez vous asseoir.

Adélaïde obéit à contrecœur, et alla s’installer en face du vieillard. Le majordome apparu avec un plateau chargé de petits gâteaux et d’une théière.

- Du thé ? demanda le vieillard en la montrant à Adélaïde.

- Non merci, répondit celle-ci.

- Bien, comme vous voudrez.

Le vieillard but une longue gorgée de thé et reprit :

- Alors vos parents ont enfin décidé de vous laissez venir ici.

- Mes parents sont morts, murmura Adélaïde en retenant un sanglot.

Après un cours silence le vieillard demanda :

- J’aimerais savoir comment ils sont morts.

- En quoi cela vous intéresse t-il, hurla Adélaïde en se levant du fauteuil, vous ne semblez même pas affecté par leur disparition, tout ce que vous voulez savoir c’est comment ils sont morts.

Après cet accès de colère Adélaïde se rassit et pleura. Tout en sanglotant elle réussit à dire :

- Ils sont morts lors d’une attaque de barbares dans notre village.

Le vieillard but de nouveau une gorgée de thé et murmura :

- Ainsi ils ont retrouvé votre trace, il ne nous reste plus beaucoup de temps.

- Qui ça « ils » ?

- J’ai de bonne raison de croire que les barbares qui ont attaqué votre village ne sont pas des barbares mais des Guerriers des Flammes.

- Qu’est ce que c’est ?

- Connais-tu les Dragons ?

- Heu…oui, ce sont des créatures mythologiques, qui n’existent pas…

Pour la première fois depuis le début de la conversation Adélaïde vit le vieux s’énerver et hausser le ton.

- Qui n’existe pas ?! Comment ça qui n’existent pas ! Dans sa colère il fit tomber sa tasse de thé qui se brisa sur le sol. Mais qui a bien pu te raconter des idioties pareilles ?

- Mes … mes parents, murmura Adélaïde prise de panique.

- J’aurais du m’en douter, grommela le vieillard, puis il se tue.

Augustin entra dans la pièce, nettoya les morceaux de tasse et s’en alla aussi rapidement.

Apres un moment de silence le vieillard reprit plus calmement cette fois ci.

- Sachez jeune demoiselle que les dragons existent, et que vous êtes la dernière Héritière de leurs savoir.

- J’ai peur de ne plus rien comprendre… dit Adélaïde troublée par ce qu’elle venait d’entendre.

- C’est normal, mais écoutez attentivement ce récit, toutes vos questions vont trouver une réponse.

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