Les Héritiers - 3

Publié le par Arkeane

"Sur chaque mur était accrochées des dizaines et des dizaines d’armes."

« - Bonjour Wanuy. » pensa simplement Adélaïde, cela parut fonctionner car la réponse ne se fit pas attendre.

« - Bonjour Adélaïde, je suis si contente de te voir enfin, j’ai tellement de choses à te montrer ! Tu sais chasser, hein ? Il faut absolument que je te fasse découvrir un lieu magnifique, il est parfait pour la chasse et la pêche ! »

La dragonne paraissait toute excitée de rencontrer Adélaïde.

- Calme-toi Wanuy, déclara le Vieux, avant que tu ne fasses découvrir à Adelaïde ton territoire, il faudrait qu’elle se repose un peu. Ces derniers jours ont été très éprouvants pour elle. Mais auparavant viens avec moi Adélaïde, j’ai quelque chose à te donner.

Avant de s’éloigner Adélaïde s’avança un peu plus prés de Wanuy et lui caressa la tête, cette dernière grogna de plaisir.

« - Je reviens dans pas longtemps, tu pourras alors me raconter ce que tu as fait pendant ces 16 années, et on pourra essayer de rattraper tous le temps que l’on a perdu. »

Wanuy hocha la tête en signe d’approbation et Adélaïde suivit le Vieux qui descendait déjà l’escalier. Revenu en bas le vieil homme se dirigea vers une pièce.

- Voila ma salle préféré, je l’appelle la Salle d’Armes, dit il en tournant la poignée et en ouvrant la porte.

Adélaïde entra dans la pièce. Sur chaque mur était accrochées des dizaines et des dizaines d’armes. Ça allait de la simple hache au fléau de guerre, en passant par diverses épées et sabres. Il y avait aussi des morceaux de bois courbés, dont Adélaïde se demandait bien à quoi ils pouvaient servir. Certaines armes étaient cabossées ou tordues, ce qui prouvait qu’elles avaient surement été utilisées durant des périodes de guerre et d’affrontement. Des armes trônaient également sur des piédestaux éparpillés un peu partout dans la salle.

- Je pourrai te parler pendant des heures de chaque épée, sabre, hache ou toutes autres armes présentes dans cette salle, dit le Vieux, mais malheureusement le temps nous manque… Peut-être qu’un jour, quand nous aurons enfin le temps, je pourrais te raconter leurs histoires.

Le vieillard s’avança au centre de la pièce, vers un piédestal plus haut que les autres.

- Voila, cette épée est l’arme que je préfère le plus parmi toute celles-ci. Il fit un geste circulaire de la main en désignant chaque mur de la pièce. Elle est vraiment magnifique, reprit-il.

Adélaïde acquiesça, bien qu’elle ne s’y connaisse pas très bien en arme, pour ne pas dire pas du tout. Elle la trouvait plutôt belle et peu commune. L’épée était de taille moyenne, la lame avait la couleur de l’ivoire. Elle paraissait si fine et si fragile, prête à se briser au premier choc, mais la réalité devait être tout autre. La garde se terminait par deux têtes de dragons, et le pommeau était incrusté d’une pierre d’un noir étincelant.

- C’est le chef d’un peuple ancien, habitant les montagnes, qui me la offerte. Elle a été fabriquée à partir d’une griffe de dragon, c’est ce qui lui donne cette apparente faiblesse, mais surtout ne te fie jamais aux apparences, cette épée est de loin la plus robuste qu’il m’ait été donné d’utiliser. Tiens, prend la en main, voit comme elle est légère et son maniement est instinctif, dit le Vieux tel un marchand louant la qualité de ses produits.

Adélaïde s’exécuta, prit l’épée et ne sachant pas quoi faire elle remua quelque peu le poignet, elle constata que le vieil homme n’avait pas menti.

- Elle est à toi maintenant, affirma-il.

- Hein ? Cette épée ? A moi ? Mais je ne sais pas m’en servir, je n’y connais rien ni aux armes ni aux combats, s’exclama Adélaïde.

- Justement, tu es ici pour apprendre à te battre.

- Oui, mais…

- Il n’y a pas de mais, voila le fourreau accroche le à ta ceinture.

- Je n’ai pas de ceinture.

- Comment ça tu n’as pas de ceinture ? Il existe vraiment des vêtements sans ceinture d’arme ? Mais où va le monde… s’énerva le Vieux.

- Ce sont simplement des vêtements de paysans ! Et on n’a aucune raison d’y accrocher des épées qu’on ne sait pas manier ! répondit Adélaïde avec rage.

Le Vieux paru réfléchir une minute, puis acquiesça :

- Oui c’est vrai. Viens, mon majordome va te donner des vêtements dignes d’une Héritière.

Le vieillard retourna vers la porte, puis s’arrêtant sur le pallier, il cria :

- Augustin ! Augustin !

Le dénommé Augustin apparu.

- Oui Monsieur ?

- Peux-tu trouver des vêtements pour cette jeune demoiselle, s’il-te-plait.

- Bien Monsieur, tout de suite, dit Augustin, puis il se tourna vers Adélaïde. Suivez-moi Jeune Héritière.

Adélaïde emboita donc le pas du majordome.

- Rejoins moi dans cette pièce quand tu seras prête, dit le Vieux à Adélaïde avant qu’elle ne s’éloigne.

Quelque temps plus tard le Vieux, en train de contempler une hache sur le mur opposé à la porte, se retourna en entendant un bruit de botte sur le dallage. Adélaïde entra dans la Salle d’Armes vêtue toute de noire.

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