Les Héritiers - 4

Publié le par Arkeane

"Son cheval leva la tête."

- Eh bien, voilà qui est mieux, tu vas enfin pouvoir accrocher ce fourreau, observa le vieillard en lui tendant l’objet.

Adélaïde le passa donc à sa ceinture de cuir et y rangea l’épée qu’elle venait de recevoir.

- Merci beaucoup pour ces vêtements et pour cette très belle épée, dit Adélaïde.

- Ne me remercie pas, c’est de mon devoir d’équiper convenablement l’Héritière que je protège. Tu peux aller retrouver Wanuy à présent. Sois en forme demain, car nous commençons ton entrainement.

- D’accord.

Adélaïde remonta à l’étage supérieur de la tour et retrouva Wanuy, allongée sur la paille, qui dévorait voracement la chair de ce qui semblait avoir été un cerf.

« - Désolé de ne pas t’avoir attendu mais j’avais trop faim. » s’écria Wanuy en voyant Adélaïde.

« - Ce n’est rien. »

« - Tu en veux un morceau ? »

« - Heu... C’est cru non ? »

« - Oui, pourquoi ? Tu n’aimes pas ça ? »

« - Non, moi les rares fois où j’ai pu manger de la viande, elle était cuite. »

« - Ah ! Il suffisait de le dire. Je peux la griller tout de suite pour toi si tu veux ! »

« - Oui je veux bien s’il-te-plait. »

Wanuy se leva, prit un morceau de viande dans sa gueule et se déplaça un peu plus loin dans la pièce, puis elle souffla quelques flammes dessus.

« - Voilà, c’est prêt ! » s’exclama la dragonne. « Attention, c’est chaud. »

« - C’est trop pratique de savoir cracher des flammes ! » s’écria Adélaïde, très enthousiaste de voir ce que sa dragonne pouvait faire. « Merci. »

Apres avoir récupérer son morceau de viande cuit à point, Adélaïde alla s’installer près de Wanuy et lui demanda aussitôt de lui raconter en détail tout ce qu’elle avait vécu durant ces seize années loin d’elle.

Les deux Héritières parlèrent ainsi pendant une bonne partie de la nuit, puis Adélaïde, rattrapée par la fatigue, s’endormi lovée sous l’aile de sa dragonne.

Quand la jeune fille ouvrit les yeux, Wanuy était déjà en train de s’affairer à dévorer une carcasse de lapin.

« - Déjà réveillée ? » demanda Wanuy.

« - Déjà en train de manger ? » réplica Adélaïde en souriant.

« - Heu… Oui, mais tu sais les dragons ont besoin de beaucoup de nourriture pour se maintenir en forme, pour cracher des flammes, pour voler et pour plein d’autres choses encore ! » se défendit Wanuy.

« - Oh, mais je te crois ! Tu n’es pas obligée d’argumenter autant ma chère dragonne! Quelle heure est-il ? »

« - Le soleil vient à peine de se lever. Tiens je t’ai rapporté des baies, j’ai supposé que tu préférais ça comme petit déjeuné plutôt qu’un morceau de viande. »

« - Bien supposé. »

Apres leur repas Augustin apparu dans la pièce.

- Bonjour Jeune Demoiselle et Belle Dragonne.

Adélaïde sursauta car elle n’avait pas entendu Augustin monter les marches.

- Oh, excusez-moi, je ne voulais pas vous faire peur, reprit celui-ci.

- Ce n’est rien. Bonjour Augustin, dit Adélaïde après avoir reconnu le majordome.

- Le Maitre m’envoi vous dire qu’il vous attend vous et votre dragonne dans la forêt.

Adélaïde saisit la cape de laine noire que lui tendait le majordome et la passa autour de ses épaules, puis elle se tourna vers Wanuy mais celle-ci avait déjà sauté par le trou dans la tour et déployait ses grandes ailes noires. Adélaïde descendit donc les escaliers, ne pouvant passer que par là.

Pendant qu’elle suivait les bruits de pas d’Augustin, Adélaïde s’interrogea sur le nom du Vieux. Elle ne l’avait jamais entendu prononcer, ni par son majordome, ni par Wanuy. Elle trouvait cela étrange qu’aux yeux de tous il ne soit plus nommé. Elle se promit donc d’interroger sa dragonne sur ce point dès qu’elle en aurait l’occasion.

Apres lui avoir ouvert la grande porte d’entrée, le majordome indiqua à la jeune fille le chemin pour se rendre à l’endroit où le sage l’attendait. Elle se mit aussitôt en route, mais juste derrière la tour elle aperçut une écurie. Elle ne put s’empêcher de s’y arrêter, le Vieux pouvait bien attendre, car son cheval leva la tête du foin qu’il mâchouillait et hennit doucement à l’approche de sa cavalière.

- Apocalypse, comment vas-tu toi ? demanda Adélaïde en caressant l’encolure du cheval.

« - Elle ne te répondra pas, cette créature à une intelligence tellement inferieure qu’elle ne sait même pas parler. »

Adélaïde se retourna et vit Wanuy assise, les ailes repliées sur son corps.

- Il ne sait peut-être pas parler comme toi, mais c’est le dernier présent que ma mère m’a fait et il m’a permis d’échapper à la troupe de barbare qui me poursuit, alors je t’interdis de parler comme ça d’Apocalypse !

Dans sa colère Adélaïde avait hurlé au lieu de parler mentalement ce qui fit sursauter le cheval.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article