Les Héritiers - 8

Publié le par Arkeane

"La jeune fille [...] n’avait pas vu qu’elle avait fini par rejoindre un chemin."

« - WANUY ! » supplia Adélaïde, mais sa dragonne était déjà loin dans le ciel.

La jeune fille, laissée seule dans la clairière, tomba à genoux tandis que ses larmes s’écoulaient le long de ses joues.

- Wanuy… Ne m’abandonne pas… J’ai besoin de toi… Je sais que je ne suis pas assez forte, mais je n’y arrive pas… Laisse-moi le temps de m’habituer à ma nouvelle vie… Je t’en pris… Laisse moi une seconde chance… sanglota Adélaïde.

Elle resta prostrée ainsi à se lamenter, sur le sol humide de la forêt, pendant un long moment. Le froid s’insinuait au travers de ses vêtements, jusqu’à atteindre ses muscles et son sang, la gelant totalement, mais elle s’en moquait. Elle avait déçu sa dragonne à cause de sa faiblesse et de son dégout de la mort, mais elle était en guerre ! Elle ne pouvait plus se permettre d’être aussi insouciante qu’avant. Elle devait réagir ! Alors elle se releva et se mit en marche, en espérant que la direction qu’elle prenait était bien celle de la tour.

Quelques heures plus tard, après s’être perdu de nombreuses fois, Adélaïde attint enfin les grandes portes de la tour noire et les ouvrit en grand, sans prêter attention à Augustin qui se tenait derrière. La jeune fille monta directement au deuxième étage, celui qui lui était réservé à elle et à sa dragonne, mais une fois en haut de l’escalier elle ne vit aucune trace de Wanuy. La jeune fille redescendit et se dirigea vers la pièce où elle avait été accueillie par le Vieux à son arrivée. Elle ouvrit la porte sans frapper et d’un pas nonchalant vint se placer devant le fauteuil du vieil homme, seule une table basse les séparait. Elle y jeta le lapin mort qu’elle avait ramené.

- Où est Wanuy ? demanda-t-elle.

- Tu arrives juste à temps pour ton entrainement, répondit le Vieux sans se soucier de la question d’Adélaïde.

- Ah ah ! Ce fut un rire sans joie qu’Adélaïde laissa échapper, un rire rempli de toute la tristesse qu’elle éprouvait en ce moment présent. Oh non ! Ne croyez surtout pas que je vais m’entrainer aujourd’hui ! reprit-elle en sortant de la pièce et en claquant la porte derrière elle.

La jeune fille repassa devant Augustin d’un pas décidé, le dos droit et le visage fermé. Il ne tenta pas de l’arrêter lorsqu’elle ouvrit de nouveau les portes pour sortir. Une fois à l’air libre Adélaïde se dirigea vers l’écurie et y retrouva Apocalypse.

- Tu es la toi, au moins tu n’es pas parti, tu ne m’as pas abandonné à mon sort. Je n’en peux plus de cet endroit, j’ai besoin de me changer les idées.

Tout en parlant Adélaïde harnacha son cheval. Une fois qu’elle eut terminé elle monta en selle, et fit partir Apocalypse au galop en prenant de nouveau la direction de la forêt.

Lorsqu’elle regarda le ciel, les belles couleurs pastel de la matinée avaient disparu pour laisser place à un ciel blanc, elle ne voyait même plus le soleil.

Quelle heure était-il ? Combien de temps avait elle passé à errer dans la forêt pour retrouver son chemin ? Adélaïde ne savait pas, mais en fait cela lui était égal maintenant qu’elle était loin de la tour et qu’elle n’entendait plus que le vent siffler à ses oreilles. La jeune fille ferma les yeux et profita de ces instants de paix en se laissant guider par Apocalypse, elle lui faisait entièrement confiance. Ce n’était peut-être qu’un simple cheval qui n’était pas capable de parler, mais pourtant elle le comprenait parfaitement, lui. Alors que certaines réactions de Wanuy restaient un mystère. Pourquoi s’était-elle énervée et était parti, au lieu de l’aider à surmonter sa répugnance ? Par exemple.

Adélaïde rouvrit les yeux, mais ses sombres pensées tournaient toujours dans son esprit. Si seulement ses parents n’étaient pas morts, si seulement sa petite vie toute simple de fille de paysan n’avait pas été troublée à cause de ces barbares… Non à cause de ces Guerriers des Flammes, comme les appelait le Vieux. Guerriers des Flammes ou pas ils avaient tué ses parents et détruit sa vie. Pourquoi elle ? Sans eux, elle n’aurait jamais appris l’existence des dragons. Sans eux, elle n’aurait pas mis les pieds dans la tour noire. Sans eux, elle n’aurait pas connu le Vieux et tous les secrets l’entourant. Elle n’aurait pas su non plus qu’elle était la Dernière Héritière du Savoir des Dragons. Sans eux, elle n’aurait pas eu à apprendre à manier les armes pour se défendre. Sans eux, elle aurait eu une vie tranquille, une vie normale

Depuis qu’Adélaïde et Apocalypse galopaient dans la forêt, la température s’était considérablement refroidie, au point que tout le corps du cheval fumait sous l’effort. La jeune fille, toujours en train de ressasser son passé et ses angoisses, n’avait pas vu qu’elle avait fini par rejoindre un chemin et que deux silhouettes noires semblaient l’attendre, cachées dans un bosquet. Quand elle s’en aperçu, il était déjà trop tard, elles étaient montées sur des chevaux et la poursuivaient. Adélaïde, prise de panique, fit accélérer Apocalypse, mais ce dernier était déjà au maximum de sa vitesse.

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