Les Héritiers - 12

Publié le par Arkeane

"Une carte y était dessinée à l’encre noire."

- Mais si nous réussissions à les localiser et à les convaincre, ils nous seraient d’une aide précieuse pour affronter les Guerriers des Flammes ! A moins que vous ne comptiez rester ici, terré, à attendre qu’ils nous dénichent et nous abattent comme du vulgaire gibier ! Vous êtes vieux, votre dragon est mort, vous n’avez plus rien à perdre. Mais moi si ! Et je ne veux pas mourir sans avoir tenté de me battre !

- Je vois que mes enseignements commencent à porter leurs fruits. Malheureusement, je ne peux rien faire pour retrouver le peuple des Dragons et même si par miracle je le pouvais, jamais ils accepteraient de se joindre à nous.

- Mais…

- Non ! Il n’y a plus de mais, c’est comme ça et c’est tout. Maintenant, retourne te reposer, ordonna le Vieux, mettant un terme à la discussion.

- Très bien. Au revoir, lança froidement Adélaïde en se levant et en partant.

Une fois revenue à l’étage supérieur de la tour, la jeune fille aperçut, pour la première fois depuis son réveil, le bandage blanc sur la patte de Wanuy.

« - Tu es blessée ? » demanda-t-elle.

« - Oui, c’est un des Guerriers des Flammes qui m’a fait ça. Mais, il est allé faire un petit tour en enfer juste après, de même que son acolyte ! » s’exclama joyeusement la dragonne.

Adélaïde sourit puis reprit :

« - Tu n’as pas trop mal ? »

« - Ne t’inquiètes pas pour moi, les dragons sont très résistant, ce n’est pas une petite égratignure qui leur fera mal ! »

« - Je suis ton Héritière, j’ai le droit de m’inquiéter pour toi ! »

La jeune fille souriait toujours, quand soudain un élément lui revint en mémoire et effaça toute trace de bonheur sur son visage.

« - Qu’est devenu Apocalypse ? »

« - Apocalypse ? Ah oui, ton cheval. En fait, ce n’est pas une bestiole aussi stupide que ce que je pensais. »

« - C'est-à-dire ? »

« - Il a réussi à retrouver le chemin de la tour, il est rentré quelques heures après ton combat. »

« - C’est vrai ?! »

Le visage d’Adélaïde s’illumina, elle s’attendait à tout, sauf à cette nouvelle.

« - Oui, va le voir si tu veux, il est dans l’écurie. »

Le lendemain, Adélaïde reprit son entrainement avec encore plus d’ardeur que les jours précédents. Elle était déterminée à survivre aux Guerriers des Flammes, même si le Vieux ne comptait rien faire contre eux.

Deux semaines de plus s’écoulèrent, pendant lesquelles la jeune fille suivit avec acharnement ses exercices intensifs, alternant entre les cours de vol et le maniement d’armes. A présent, elle arrivait à viser et à toucher une cible à l’arc, tout en étant sur le dos de Wanuy en vol. Elle avait également perfectionné ses esquives et ses attaques à l’épée. Son corps était fourbu et perclus de courbatures, de bosses et de bleus, mais chaque soir elle s’endormait rapidement, avec le sentiment d’avoir progressé sur son nouveau chemin de vie.

« - Je suis impressionnée par les changements dont tu as fait preuve depuis ton arrivé ici, en quelques semaines à peine, tu es passée d’une fille de paysan à une redoutable guerrière. » lui dit un jour Wanuy, alors qu’elles étaient toutes les deux recroquevillée et serrée l’une contre l’autre sur la paille pour se tenir chaud, car une violente tempête de neige se déchainait dehors.

« - Merci. C’est la rage de vivre qui me pousse à me surpasser ainsi. Et surtout, je ne veux pas te décevoir. » répondit Adélaïde.

C’est à ce moment-là qu’Augustin apparut, il salua respectueusement la dragonne puis se tourna vers Adélaïde :

- Le Maitre vous attend au plus vite dans son bureau, Mademoiselle.

Une fois son message transmis, il disparut rapidement dans les escaliers.

Le Vieux était assis, comme à son habitude, dans son fauteuil, il tenait une tasse de thé à la main.

- Ta formation est presque achevée Adélaïde, et je dois dire que tu es une élève modèle. En un mois, tu as acquis autant d’expérience, voire même peut être plus, que certains Héritiers en dix ans d’apprentissage.

- Merci, dit timidement la jeune fille, mais, si j’ai terminé mon entrainement…

Le Vieux la coupa :

- En fait, tu n’as pas tout à fait terminé. Tu ne connais que le minimum vital, c’est-à-dire que tu sais te battre. Il reste pourtant toute la partie théorique à aborder, mais je ne l’ai pas jugé importante pour ta survie.

- J’aurais aimé avoir plus de temps pour apprendre… déplora Adélaïde, qui y avait pris goût.

- Et moi pour t’enseigner.

- Alors, qu’est-ce que l’on fait maintenant ? On attaque les Guerriers des Flammes ? Ou on reste là dans la tour ?

Le vieillard se pencha vers la table basse en face de son fauteuil, puis il déplia délicatement un parchemin jauni, une carte y était dessinée à l’encre noire.

- C’est ici, affirma le Vieux en appuyant son index sur la carte.

- Qu’est-ce qui est ici ? demanda la jeune fille sans comprendre la transition du vieil homme.

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