Les Héritiers - 13

Publié le par Arkeane

"Ces silhouettes noires découpant le ciel tel des dents acérées."

- C’est ici, dans ces montagnes, que se trouve le Repère des Dragons. Tu devras voyager de nuit, sans te faire repérer pendant au moins cinq jours, tu devras affronter le froid mordant, les tempêtes de neige et les vents violents. Tu devras également t’attendre à un accueil glacial de la part du Roi Araxior, le Roi des Dragons, ensuite tu devras les convaincre de nous aider dans cette guerre contre les Guerriers des Flammes. Tiens-tu vraiment y aller ?

Adélaïde réfléchit pendant quelques secondes puis interrogea le Vieux :

- Je croyais que personne ne savait où se trouvait les dragons ?

- J’ai étudié tous les parchemins et les écrits que j’avais en ma possession et après de nombreux efforts, j’ai fini par trouver où ils se terrent. Mais tu n’as pas répondu, veux-tu réellement y aller et risquer ta vie dans cette entreprise ?

- Oui…

La jeune fille ne paraissait pas convaincue par sa réponse, elle avait soudainement peur. Peur du voyage qui s’annonçait difficile, peur d’échouer à rallier le peuple des Dragons à sa cause, peur de mourir…

- Très bien, tu pars ce soir, prépare tes affaires.

- Mais… S’ils ne veulent pas de nous aider…

Adélaïde laissa sa phrase en suspens, le Vieux la compléta simplement d’un ton neutre :

- Nous sommes mort, ou pire encore…

La jeune fille avala sa salive avec difficulté. Cependant une question la tracassait toujours, elle la posa au sage :

- Qu’allez-vous faire vous ? Si les Guerriers des Flammes viennent ici vous ne serez pas assez fort pour les combattre tous.

- J’aviserais au moment venu. Allez, ne perds pas de temps, prépare toi et préviens Wanuy. Ce qui vous attend ne sera pas une petite ballade tranquille.

« - Tu… Tu crois que je vais retrouver ma mère ? » demanda Wanuy à Adélaïde dès que celle-ci lui eut annoncé leur départ imminent à la recherche du peuple des Dragons.

« - Je ne sais pas, j’espère pour toi… »

La voix d’Adélaïde se brisa au souvenir de sa propre mère, mais cette pensée fut vite chassée par la jeune fille qui s’affairait à préparer son départ.

La jeune Héritière et sa dragonne retrouvèrent le Vieux dans la cour près de l’écurie. Le soleil était déjà couché et le ciel était marbré de bandes noires et violettes foncées. Adélaïde alla dire au revoir à Apocalypse, puis elle revint vers Wanuy et le vieillard.

- Vous vous occuperez bien de mon cheval ? demanda-t-elle au Vieux.

- Ne pense pas à lui, ne pense qu’à la mission que tu dois à tout prix réussir.

Adélaïde hocha la tête, elle savait ce qu’elle avait à faire, puis elle grimpa sur le dos de la dragonne noire.

- A bientôt et bonne chance, lança le Vieux.

« - A bientôt. » répondirent Adélaïde et Wanuy mentalement.

La dragonne s’éleva dans les airs et prit la direction du nord-ouest. La cape d’Adélaïde flottait et claquait dans le vent froid. Peu de temps après, les deux ombres furent happées par les ténèbres et elles disparurent du champ de vision du vieillard.

Leur première nuit de voyage se passa sans problème, et bien que les deux Héritières soient encore protégées par le couvert des arbres et qu’aucun chemin ne passait à proximité de leur campement elles décidèrent d’établir un tour de garde. Lorsque le soleil eut de nouveau laissé place à la lune, Adélaïde et Wanuy se remirent en route. Plus tard, après quelques heures de vol, la jeune fille jeta un coup d’œil vers le sol et elle s’aperçut que Wanuy ne survolait plus la forêt mais qu’elles se trouvaient maintenant au-dessus d’une grande plaine. De là-haut, Adélaïde avait un grand champ de vision et elle discerna, malgré l’obscurité qui l’entourait, de nombreux villages éparpillés mais elle ne vit aucun endroit sûr pour se cacher durant la journée sans être repéré par les paysans. Quand l’aube apparut Adélaïde finit par demander à Wanuy ce qu’elle comptait faire.

« - Nous allons continuer à voler jusqu'à ce que l’on trouve un endroit sûr pour se reposer. » répondit la dragonne.

« - Mais le Vieux nous a bien dit de ne voyager que de nuit ! » s’exclama Adélaïde.

« - Peut-être, mais si nous nous posons maintenant les Guerriers des Flammes risquent de retrouver notre trace et ils n’hésiteront pas à nous massacrer. »

« - Et les paysans ? »

« - Qu’est-ce qu’ils ont les paysans ? »

« - Ils risquent de nous voir si nous volons en plein jour. »

« - Non, ils sont bien trop occupés à s’occuper de leurs champs pour lever la tête. »

De nombreuses heures passèrent, sans aucune autre distraction que de regarder le paysage morne défiler, puis enfin Adélaïde les vit au loin, ces silhouettes noires découpant le ciel tel des dents acérées.

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