Les Héritiers - 14

Publié le par Arkeane

"Ce n’était rien d’autre qu’un sanglier."

« - Bientôt nous aurons atteint les montagnes et nous trouverons un endroit calme et sûr où nous pourrons nous reposer. » s’exclama Wanuy.

Adélaïde regarda l’horizon puis déclara :

« - Tu es sur que les mots calme et sûr pourraient qualifier ces montagnes ? Personnellement, j’aurais plutôt dit : inhospitalière. »

« - C’est pour cela que les derniers dragons les ont choisi comme refuge. Qui serait assez fou pour aller les déloger là-bas ? »

« - Nous ! »

A la tombée de la nuit, Wanuy se posa enfin. Le sol était dur et froid, c’était un mélange de terre verglacé et de cailloux.

« - Je crois que je vais regretter la douceur des feuilles morte. » affirma Adélaïde.

Il faisait froid, alors la jeune fille et sa dragonne se refugièrent derrière un gros rocher pour essayer de se protéger au maximum du vent glacial qui soufflait abondamment.

Lorsqu’elles se réveillèrent le lendemain, après une courte nuit, le ciel était bleu et sans nuage.

« - J’ai passé une très mauvaise nuit ! » s’exclama Adélaïde dans un bâillement.

« - Si ça peut te rassurer, moi aussi. » ajouta Wanuy.

« - Au moins, il fait beau, le voyage sera tranquille. »

« - Je ne dirais pas ça, le temps peut rapidement changer dans les montages. »

Effectivement, le temps changea. Les deux Héritières étaient parties depuis à peine une heure que déjà une violente tempête se déclara. La neige réduisit la visibilité de Wanuy et il lui devenait de plus en plus difficile de lutter contre les vents violents.

« - Nous allons être déportées ! » cria l’adolescente.

« - Oui ! »

La dragonne noire essayait pourtant de résister aux forces de la nature et de continuer à avancer dans la bonne direction, mais sans succès.

« - Wanuy, arrête-toi ! On ne peut pas continuer à voler, c’est trop risqué ! »

A ce moment-là, une bourrasque plus forte que les autre failli désarçonner Adélaïde mais elle se rattrapa de justesse avant de tomber.

« - Tu trembles. » observa Wanuy une fois qu’Adélaïde fut descendu de son dos.

La jeune fille claquait des dents. Elle resserra sa cape autour de ses épaules mais elle grelottait toujours. Wanuy vint donc s’enrouler autour de son Héritière pour l’isoler au mieux du froid glacial et transperçant.

Le temps ne redevint clément qu’en début d’après midi, Adélaïde et Wanuy purent se préparer à continuer leur long périple. Elles voyagèrent toute la journée et toute la nuit suivante pour rattraper leur retard dû à la tempête. Au petit matin, elles s’arrêtèrent dans un endroit relativement plat et bien abrité.

« - Nos réserves de nourriture s’amenuise de jour en jour, il ne nous reste quasiment plus rien. » remarqua Adélaïde.

« - Il doit bien y avoir quelques biches ou quelques lapins dans ces montagne, je vais aller chasser. »

« - D’accord. Je reste ici. »

Wanuy hocha la tête et s’envola, laissant Adélaïde seule. Cette dernière s’appuya à un rocher, elle n’avait rien d’autre à faire à part penser. Penser à sa vie, penser à ses parents, penser au Vieux et à sa tour, penser à Wanuy… La jeune fille se sentait bien, aucun bruit ne venait déranger la quiétude du lieu, et perdue dans ses pensées, elle finit par s’endormir.

Une demi-heure plus tard, elle fût réveillée en sursaut par un grognement sourd. Sitôt sur ses pieds, elle tira l’épée de son fourreau, et c’est alors qu’elle vit d’où provenait le bruit. Ce n’était rien d’autre qu’un sanglier qui fouillait la terre à la recherche de quelque chose à manger. Mais quand la jeune fille s’en rendit compte, il était déjà trop tard, le sanglier avait vu l’éclair blanc de la lame d’Adélaïde et il attaqua par crainte.

Adélaïde réagit un quart de seconde trop tard, elle roula sur le côté mais le sanglier lui avait déjà infligé une profonde entaille à la cuisse, ce qui lui arracha un cri de douleur. Elle se releva difficilement, ses jambes tremblaient et elle avait du mal à tenir debout, mais le sanglier ne lui accorda aucun répit car il fonçait de nouveau sur elle. Cette fois ci, l’adolescente réussi à atteindre le sanglier au flanc, mais il ne sembla même pas avoir remarqué sa blessure, il se retourna et chargea de nouveau la jeune fille.

Adélaïde perdait beaucoup de sang ce qui l’affaiblissait de plus en plus, alors que le sanglier, lui, continuait ses assauts. Apres quelques minutes de lutte acharnée, la jeune fille trouva enfin un endroit où la peau était moins épaisse. Elle en profita et enfonça son épée dans le corps du sanglier, le sang gicla tandis qu’il s’écroulait sur le sol. Lorsqu’Adélaïde retira son épée, la bête fut parcourue d’un léger tressaillement avant de rendre son dernier souffle. L’adolescente s’assit et elle découpa maladroitement un morceau de ses vêtements pour de le nouer autour de sa jambes blessée afin d’empêcher le sang de s’écouler abondamment.

C’est à ce moment-là que Wanuy revint de la chasse. Elle découvrit tout d’abord le cadavre du sanglier.

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