Rédemption - 3

Publié le par Arkeane

"Il me regarda avec ses intenses yeux verts."

De colère, je lui lançai son manteau et m’éloignai de quelques pas, avant de devoir de nouveau m’adosser à un arbre car la tête me tournait. Il dû comprendre que j’étais énervé et que je n’avais pas besoin de lui car cette fois-ci il ne tenta pas de s’approcher de moi. Il me laissa quelques instants de répit pendant lesquels je tentai de me calmer. Mais il finit par reprendre la parole :

- Pourquoi voulais-tu mourir ?

- Je le veux toujours ! hurlais-je.

- Bien… Alors, pourquoi veux-tu mourir ? rectifia-il.

- Ça ne vous regarde pas !

- J’aimerais savoir pourtant.

- Vous ne comprendriez pas…

- Dans ce cas, explique moi, fais-moi comprendre. Je veux savoir.

- Pourquoi tenez-vous tant à me comprendre ? Je suis incompréhensible ! Parfois, il m’arrive d’avoir du mal à me comprendre moi-même…

- Je veux t’aider.

- M’aider… Un rire sans joie s’échappa de mes lèvres. Ce n’est pas la peine de vouloir m’aider. Je ne suis qu’un cas désespéré et seule la Mort m’acceptera… Et encore…

Un silence s’en suivit, puis l’homme me demanda d’une voix douce :

- Pourquoi vis-tu ?

- Je ne vis pas ! Je veux mourir ! Je n’ai aucune raison de vivre ! m’égosillais-je de nouveau. Combien de fois faudra-t-il que je vous le dise ? Je.Veux.Mourir !

J’insistai bien sur chaque mot, dans l’espoir qu’il comprenne enfin et me laisse tranquille. Mais c’est alors qu’Akitchi s’avança vers moi à toute vitesse et prit délicatement mon visage entre ses mains. Il me regarda avec ses intenses yeux verts et je ne sais pourquoi mais je ne pu en détourner le regard. J’étais comme envouté, complètement absorbé par ce magnifique visage qui se rapprochait de plus en plus du mien. Je ne bougeai plus, osant à peine respirer. Ses lèvres effleurèrent mon oreille tandis qu’il me murmurait :

- Si, tu m’as moi à présent…

A ces mots, le temps s’arrêta. Plus rien n’existait, plus rien n’avait d’importance, si ce n’est nos deux âmes réunies, n’en formant plus qu’une seule et unique.

Apres un court instant, qui me parut durer une éternité, Akitchi relâcha mon visage et s’écarta de moi. Son absence si soudaine après la symbiose de nos âmes me frappa de plein fouet et je chancelai sous le coup. Je réussi cependant, au prix d’un terrible effort, à reprendre pied dans la réalité.

- Vous êtes complètement malade ! Je ne vous connais même pas ! Comment pourrais-je vivre pour vous ? hurlais-je en repoussant violemment la main d’Akitchi.

Il ne bougea pas, il se contentait de me regarder.

- Et de toute façon, je recommencerai et je réussirai à me tuer cette fois ! Vous ne serez pas là pour m’en empêcher !

Excédé par cet inconnu, je m’apprêtai à partir, lorsqu’il prit la parole :

- Crois-tu cela ? répondit-il de sa voix calme, nous sommes liés à présent Athanaël…Que tu le veuilles, ou non…

Je fus stoppé net dans mon élan en entendant de mon nom. Je me retournai et le dévisageai avec une expression d’incrédulité sur le visage.

- Comment connaissez-vous mon prénom ?

- Cela n’a pas d’importance. Nos destins sont étroitement mêlés, ne l’oublie pas. Tu vis pour moi maintenant.

- ouais, ouais c’est ça… Allez-vous faire soigner mon vieux, vous délirez vraiment !

Puis je partis à grandes enjambées, presque en courant.

Ce gars est vraiment flippant, pensais-je. Comment connaît-il mon nom ? Et pourquoi dit-il que nous sommes liés ? A l’origine, je voulais simplement me suicider… Je vis encore, malheureusement… Il n’aurait pas dû me sauver ! De quoi se mêle-t-il ? Je ne vis pour personne ! Encore moins pour un inconnu…

J’arrivai chez moi et poussai la porte. Ma mère m’attendait derrière, elle était folle d’inquiétude. Elle se mit à me crier des choses que je n’écoutai pas, j’étais trop absorbé par mes pensées. Puis elle m’envoya dans ma chambre en me disant de ne jamais recommencer à disparaitre comme ça sans prévenir. Si seulement elle avait su que j’avais failli ne jamais revenir…

J’aurai réussi sans l’intervention de cet homme, Akitchi disait-il s’appeler, cet inconnu qui m’obnubilait. Malgré tous mes efforts fait pour l’oublier et penser à autre chose, il revenait sans cesse hanter mon esprit, et toutes les questions sans réponses également.

Je revoyais son visage si sublime, et son corps parfait, et son odeur si envoutante, et ses longues mains douces se posant sur mon visage et… et…et pourquoi je pense à ça moi !? Je ne suis pas gay ! Et puis je ne l’aime pas ce gars de toute façon ! Il m’a empêché de me tuer !

Pourtant il revenait, encore et encore. J’étais totalement sous l’emprise de cet homme.

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