Rédemption - 4

Publié le par Arkeane

"Marchant sur le parterre de feuilles mortes."

Comment fait-il pour me hanter à ce point ? Je n’arrive pas à l’oublier ! Pourquoi ?!

Quelques jours plus tard, excédé par toutes ses interrogations sans réponse et par les trop fréquentes apparitions d’Akitchi dans mon esprit, je décidai de le retrouver…

Mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? me dis-je tout en marchant sur le parterre de feuilles mortes. Comment vais-je faire pour le retrouver ? Il ne doit plus être là depuis longtemps… En plus, je ne reconnaîtrai jamais l’endroit où je l’ai vu… Je ferai mieux d’abandonner, de rentrer chez moi et de l’oublier…

- Mais je n’y arrive pas ! hurlais-je en frappant avec mon poing le premier arbre à ma portée.

Soudain, je sentis un frôlement derrière moi, ce qui me fit me retourner précipitamment. Cependant, il n’y avait rien…

- Je savais que tu reviendrais Athanaël.

Un sursaut m’ébranla. Je me tournai et vit Akitchi, toujours aussi beau, adossé à un arbre.

- Vous m’avez fait peur ! tempêtais-je.

- Je sais, c’est une capacité que je maitrise assez bien, non sans vouloir me vanter bien sûr, dit-il en souriant. Que me vaut ton heureuse visite ?

- Je veux des réponses !

- Des réponses ? Très bien, alors : le petit chat est gris, il est exactement 15 heures 13 minutes et 31 secondes, demain nous seront dimanche, j’aime les loups et…

- ARRETEZ !

- Tu voulais des réponses il me semble, non ?

- Pas ce genre de réponses !

- Oh, excuse-moi… Que voudrais-tu comme réponses alors ?

- Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Comment me connaissez-vous ? Pourquoi dites-vous que nous sommes liés ? Comment faites-vous pour m’obséder à ce point ? Et répondez-moi !!

- Je t’obsède ? - Oui… Tous les jours je pense à vous ! Malheureusement… grommelais-je mécontent.

- J’en suis très flatté, répondit-il en s’approchant de moi, puis il s’arrêta à mi-chemin et repris : attends, pourquoi « malheureusement » ?!

- Parce que je ne veux pas penser à vous ! J’essaie de vous oublier !

En un instant, je me retrouvai collé à l’arbre, les bras tendus d’Akitchi au-dessus de mes épaules m’empêchant ainsi de m’enfuir.

- Tu ne peux pas m’oublier… Alors, laisse toi aller… murmura-il en me regardant dans les yeux.

Je sentis mes jambes faiblir sous ce regard intense.

Détourne les yeux ! Détourne les yeux ! Ne te laisse pas piéger ! Ou il te fera souffrir, comme tous les autres ! Détourne les yeux ! ordonnais-je avec rudesse à mon cerveau.

Je parvins à baisser la tête, mais seulement après une lutte acharnée entre mon esprit et mon corps.

- Arrêtez ! Je ne veux pas ! gémis-je.

- Pourquoi ? me demanda-il d’une voix calme.

- Vous n’avez pas répondu à mes questions !

- C’est juste à cause de cela que tu ne veux pas te laisser aller au plaisir de ma compagnie ? - NON !

- Pour quelles autres raisons alors ?

- Pour… Parce que… Parce que…

- Regarde-moi Athanaël, chuchota-t-il.

Il attrapa délicatement le bas de mon visage avec une de ses mains douce et froide. Je n’eus plus la force de résister, m’abandonnant totalement sous la caresse. Akitchi me releva la tête, et je fus de nouveau emprisonné par ses magnifiques yeux émeraude.

- Tu n’as rien à craindre avec moi. Je ne suis pas un démon… susurra-il.

- Qu’est-ce que… vous voulez… de moi alors ? bafouillais-je.

- Je veux juste que tu réapprennes à vivre Athanaël…

- Comment ? Comment comptez-vous vous y prendre ?

- Comme ça.

Je n’eus pas le temps de cligner des yeux que ses lèvres, déjà, se posaient sur les miennes. Je sentis le rouge me monter aux joues.

- Oh, tu es si mignon quand tu rougis ! s’exclama Akitchi.

- Enfoiré… grommelais-je

- Oh ? Mais qu’entends-je ? Sachez jeune homme que ce n’est pas bien de traiter ses ainés d’enfoiré !

- Vous n’auriez pas dû m’embrasser par surprise alors ! rugis-je.

- L’aurais-tu accepté si je te l’avais demandé ? Et ça n’aurait pas été aussi amusant, avoue-le !

Il souriait pendant que moi je bouillonnais intérieurement. Mes dents serrées et mes poings fermés en témoignaient. Je ne voulais faire qu’une seule chose à cet instant précis : le frapper ! Le frapper et lui enlever ce petit sourire narquois.

Mais le souvenir de ses lèvres horriblement exquises se posant sur les miennes, l’étrange sensation de bien-être qui m’avait envahie à ce moment-là, l’impression que nos deux âmes étaient de nouveaux en communion… Tout cela m’en empêcha.

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