Les Héritiers - 19

Publié le par Arkeane

"Une épaisse fumée noire montait à l’assaut du ciel."

« - Je suis désolée. » murmura Adélaïde à Wanuy peu de temps après avoir été emmené de force par les soldats d’Araxior.

Les deux Héritières se trouvaient de nouveau dans la salle où Adélaïde s’était réveillée. La jeune fille était assise en tailleur au milieu de la pièce, quant à la dragonne elle s’était allongée dans un coin, derrière l’adolescente. Cette dernière se retourna et reprit :

« - Je suis sincèrement désolé. A cause de moi, l’infime chance de réussite que nous avions est partie en fumée… »

Wanuy restait silencieuse alors Adélaïde continua :

« - Tu m’en veux, n’est-ce pas ? »

Nouveau silence de la part de la dragonne.

« - Tu as raison… Tu ne peux pas imaginer à quel point je me sens mal d’avoir céder à la colère aussi facilement. J’ai insulté ton Roi… »

C’est alors que la voix de Wanuy se fit enfin entendre :

« - Ce n’est pas mon Roi, il ne l’a jamais été, alors pourquoi le serait-il maintenant ? A présent, arrête de te lamenter et dors, demain nous partirons à l’aube pour affronter dignement notre destin. »

Le ton employé par la dragonne ne laissait aucune réplique possible, Adélaïde s’allongea donc dans la paille et ferma les yeux, attendant ainsi le sommeil qui fut long à venir.

Le lendemain matin, lorsque les deux Héritières sortirent du Repaire des Dragons elles furent éblouies par le soleil, bien que celui-ci soit à peine naissant. Leurs yeux devaient de nouveau s’accoutumer à la lumière naturelle après avoir passé deux jours à l’intérieur des montagnes, sans autre éclairage que celui des torches. C’est pourquoi elles ne discernèrent pas tout de suite les dizaines de dragons rassemblés sur une esplanade en contrebas. Lorsqu’elles les virent enfin, Adélaïde et Wanuy se regardèrent avec étonnement. Cependant, elles n’eurent pas le temps de s’interroger davantage sur la présence de tous ces dragons car dans un bruissement d’air le Roi Araxior se posa à côté d’elles. Les Héritières s’inclinèrent respectueusement puis le Roi prit la parole :

« - J’espère que vous vous êtes bien reposées cette nuit car nous partons sur le champ. »

Adélaïde, de plus en plus surprise, demanda :

« - Que voulez-vous dire par « nous » ? »

Mais le Roi Araxior ne lui répondit pas, il s’était tourné vers ses soldats qui attendaient patiemment.

« - Dragons, à mon commandement, décollez ! »

C’est alors que dans un même mouvement tous les dragons présents s’envolèrent ainsi que le Roi Araxior, qui alla les rejoindre.

« - On devrait peut-être y aller nous aussi, non ? » réagit Wanuy.

« - Nous avons réussi Wanuy ! Nous avons réussi ! Le peuple des Dragons va nous venir en aide contre les Guerriers des Flammes ! »

Adélaïde, heureuse que finalement sa mission n’ait pas échouée, grimpa sur le dos de sa dragonne et alla retrouver le Roi pour lui murmurer un simple merci, mais empreint de toute la gratitude et de tout le respect dont elle pouvait faire preuve. Car après tout ce qu’elle lui avait dit la veille, elle ne s’attendait vraiment pas à ce qu’il accepte de les aider.

La jeune Héritière regardait le sol défiler sous les puissantes ailes de Wanuy. Cela faisait maintenant deux jours qu’ils avaient quitté le Repaire des Dragons. Deux jours où Adélaïde n’avait posé les pieds sur la terre ferme que pour assouvir ses besoins naturels, deux jours que sa dragonne et les autres volaient sans relâche sans qu’aucun signe de fatigue n’apparaisse. Heureusement que la jeune fille avait encore quelques provisions en réserves.

« - Tu n’es pas fatiguée ? » demanda tout de même Adélaïde à Wanuy.

« - Ne t’inquiète pas, je pourrais voler comme ça pendant des semaines encore s’il le fallait. » répondit la dragonne noire.

Adélaïde était perdue dans la contemplation de la plaine quand soudain elle poussa un cri :

« - Wanuy, regarde ! »

Au loin, une épaisse fumée noire montait à l’assaut du ciel.

« - Je n’aime pas ça, lança la dragonne. Allons prévenir le Roi Araxior. »

Mais le Roi des Dragons avait lui aussi aperçut la fumée et il donnait à présent l’ordre de se poser pour aller voir de plus près ce qu’il se passait.

A peine eurent-ils le temps d’atterrir qu’ils distinguèrent une masse compacte de gens s’échapper de la fumée, puis au loin, encore nappé de brume, un cheval noir se cabra et un hennissement strident se fit entendre par dessus la clameur des villageois en fuite.

- Apocalypse… murmura Adélaïde.

« - Et le Vieux. » rajouta Wanuy.

« - Ils ne sont pas morts ! »

Pendant leur échange mental, le Vieux et le cheval avaient galopés jusqu'à elles et s’étaient arrêtés à quelques mètres à peine du dragon. Adélaïde descendit de Wanuy et se précipita vers le Vieux qui venait de mettre pied à terre.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article