Les Héritiers - 20

Publié le par Arkeane

"Chacun s’arma avec ce qu’il put trouver."

- Adélaïde, Wanuy, je vois que vous avez réussi votre mission. Le Peuple des Dragons va donc nous venir en aide ? lança le Vieux.

- Oui, ils vont nous aider ! clama la jeune fille.

- Juste à temps…

- Que vous est-il arrivé depuis notre départ ?

- Plus tard. Je te raconterais tout en détail mais plus tard, là il faut fuir, les Guerriers des Flammes sont sur nos talons.

Le Vieux remonta en selle et hurla à la cantonade :

- Fuyez aussi vite que possible ! Rendez-vous dans le prochain village, nous organiserons nos défenses là-bas !

Et il partit au grand galop. Adélaïde remonta elle aussi sur Wanuy qui s’élança à la suite du vieillard. La plupart des villageois commençaient déjà à s’éloigner vers le village le plus proche et les dragons, qui étaient restés à l’écart pendant l’entretien entre le sage et Adélaïde, s’envolèrent eux aussi.

D’en haut, Adélaïde voyait les gens marcher en une longue et lente colonne. Certains portaient des petits baluchons contenant sûrement tous les souvenirs et les richesses qu’ils avaient pu sauver, d’autres trainaient des chèvres ou des vaches derrière eux, ultime vestige de leur vie passée. Ils leurs faudrait tout reconstruire, tout recommencer après la destruction et le pillage de leur village par ces sauvages sanguinaires qui ne désiraient qu’une seule chose : le chaos de la guerre.

Ils voulaient la guerre, ils allaient l’avoir ! se dit la jeune fille juchée sur sa dragonne noire.

Wanuy volait le plus doucement possible à une altitude raisonnable pour surveiller les fuyards terrifiés, heureusement le village suivant n’était qu’à une heure à pied, et les Guerriers des Flammes étaient bien trop occupé à tout dévaster pour les suivre immédiatement. Pour eux, il ne s’agissait que d’un jeu, comme un chat jouant avec une sourie. Pourquoi s’élancer tout de suite à la poursuite de ces pauvres fermiers, alors qu’ils les rattraperaient sans aucun problème dans peu de temps, et convaincu de leur supériorité, ils les écraseraient comme de vulgaire insecte à ce moment-là.

La résistance s’organisait déjà au village de Saint-Baron. D’ailleurs, il s’agissait plus d’une petite ville que d’un village avec ses quelques 1.200 habitants. De nombreux villageois, chassés de leur bourg par les Guerriers des Flammes, venaient grossir les effectifs pour la bataille à venir.

Chacun s’arma avec ce qu’il put trouver, des fourches, des bèches et des pioches, des frondes et des pierres… Très peu possédaient de véritables armes, mais tous avait la rage de vivre et la soif de vengeance pour tout ce qui leur avait été arraché. Même les femmes et les enfants étaient déterminés à combattre, et personne ne les arrêta.

C’est ainsi que se dressa environ 2.500 personnes et une trentaine de dragons derrière des barricades improvisées. En face d’eux, 5.000 Guerriers des Flammes tout en armes et en armure.

La milice de Saint-Baron et les soldats rescapés des autres villages laissèrent au Vieux le commandement, car ils reconnurent en lui l’assurance et les compétences d’un ancien général capable de les diriger dans cette rébellion à l’issu plus qu’incertaine.

- Aujourd’hui vous avez décidé de prendre en main votre destin ! Aujourd’hui vous avez décidé de ne plus vous soumettre à la bande de barbare qui ont pris possession de la région ! Aujourd’hui vous avez décidé d’être libre à nouveau ! Aujourd’hui il va falloir vous battre pour cette liberté !

Le vieux galvanisait ses « troupes » du mieux qu’il pouvait.

« - Ils sont terrifiés… » s’inquiéta Adélaïde.

« - Oui. C’est un combat inégal qui se prépare… »

« - Pourquoi ne fuient-ils pas ? »

« - Fuir ? Pour toi c’est tout ce que ces paysans et ces marchands sont capables de faire ? S’enfuir éternellement ? Oh non, ne les sous-estime pas Adélaïde, ils sont bien plus courageux qu’ils en ont l’air. Certains n’ont plus rien à perdre, d’autre ont au contraire bien des choses à protéger. Cela les rend dangereux et ils se battront avec toute la rage et la hargne qu’ils renferment au fond d’eux. »

« - Tu as raison, je n’aurais pas dû dénigrer les miens comme ça… »

« - N’oublie pas que toi aussi tu étais une simple paysanne avant de devenir une puissante Héritière ! »

« - Oui, mais j’ai peur Wanuy… Peur d’échouer, peur du massacre qui s’annonce, peur de ne pas être aussi puissante que ça, peur de mourir… »

« - Je sais Adélaïde, mais souviens toi que nous somme deux. Je suis avec toi et je ne te laisserai pas tomber, jamais ! Regarde aussi ce que tu as réussi à faire, grâce à toi le Peuple des Dragons est là et nous aide, c’est un détail à ne pas négliger ! Nous pouvons gagner, ai confiance en toi, ai confiance en nous ! »

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