Sacrifices - 1

Publié le par Arkeane

"Et vint s’arrêter devant un grand portail noir."

Mais qu’est-ce que je fais là ? me demandais-je subitement avec horreur.

Devant mes yeux, je voyais tous ces corps à demis-nus qui s’enlaçaient et s’embrassaient dans une danse somptueusement lubrique.

J’étais dans une grande pièce sombre, à l’atmosphère pesante. Des volutes de fumée enveloppaient les occupants, rendant leurs mouvements irréels et fantomatiques. Des soupirs de contentement s’élevaient parfois, se superposant à la musique sourde et saturée de basse.

Je m’éloignai précipitamment le plus loin possible de cette scène de pure orgie, mais je trébuchai sur un vêtement négligemment abandonné au sol.

Où suis-je tombée ? pensais-je tremblante, tandis qu’un mur derrière moi m’empêchai de fuir davantage.

Je fermai les yeux pour échapper à cette effroyable vision. C’est alors que les raisons qui m’avaient conduite dans cet étrange et inquiétant endroit me revinrent en mémoire.

Deux jours plus tôt, j’étais allongée dans l’herbe d’un petit parc avec Samaël, mon petit ami. Cela fait bientôt un an que l’on sort ensemble et j’aurais sûrement tendance à exagérer en disant qu’il est d’une beauté divine ! Cependant, d’un avis général c’est un beau jeune homme de 19 ans. Il a les cheveux courts, sculptés en délicates boucles blondes. Il est grand et svelte mais tout de même finement musclé et ses sublimes yeux de couleur bleu-gris sont totalement captivants.

J’étais justement perdue dans leurs contemplations en cette douce fin d’après-midi de printemps, lorsque Samaël me demanda :

- Au fait Yumi, tu fais quoi après-demain ?

- Euh… Rien il me semble, pourquoi ?

- Parce que j’ai un vieil ami qui vient de réussir un examen important dans son école d’art et il veut fêter ça. J’aurais voulu que tu viennes avec moi.

- Tu es sur que je ne vais pas déranger ? l’interrogeais-je précipitamment.

- Ne t’inquiète pas, ma chérie. Il m’a bien précisé que je pouvais amener qui je voulais, et il y aura Logan aussi !

Logan c’est le meilleur ami de Samaël. Ils se ressemblent étrangement tous les deux. Tant sur le plan psychique que physique, à tel point que l’on pourrait les prendre pour des frères. Logan a les mêmes cheveux blonds et bouclés que Samaël mais ils lui tombent jusqu’aux épaules et sont retenu sur sa nuque par un lacet de cuir. Cependant, la couleur de ses yeux tend plus sur le gris que sur le bleu. La plupart du temps ils font les mêmes blagues pourries, ils ont les mêmes tics et mimiques et ils se comprennent sans avoir besoin de mots, c’est vraiment impressionnant ! Franchement j’adore Logan, c’est aussi devenu en quelque sorte mon meilleur ami.

- Bon d’accord je viendrais, mais seulement parce que Logan sera là lui aussi !

- Ah merci, c’est gentil pour moi ça ! s’exclama Samaël avant de m’embrasser fougueusement.

C’est ainsi que samedi soir, je me retrouvai dans une voiture, m’emmenant à une étrange fête… Samaël conduisait et Logan, à l’arrière, ronchonnait.

- Eh Sama ! Pourquoi c’est Yumi qui a le droit d’être à la meilleure place ? Je suis ton plus vieux pote pourtant !

- Oui, mais Yumi est ma petite amie !

- Eh ! Depuis quand les amis passent après les filles ?

- Eh bien… Depuis que j’ai rencontré un merveilleux petit ange bien sûr !

Logan grommela une suite de mots incompréhensible qui devait indiquer son mécontentement, mais cela me fit rire et je ne pus résister à l’envie de m’en mêler en lançant :

- Voilà Logan, tu n’avais qu’à être un ange toi aussi !

- J’en suis un ! répliqua-t-il immédiatement.

- Ou pas… murmura Samaël, tandis que son regard s’assombrissait.

- Que t’arrive-t-il, mon chéri ? demandais-je.

C’était rare que Samaël prenne cet air triste, mais bien vite il retrouva son petit sourire en coin, qui me faisait tant craquer.

- Rien, rien, ne t’inquiète pas mon amour. Et au fait Log, arrête de bouder, on arrive !

La voiture s’engagea dans une impasse et vint s’arrêter devant un grand portail noir. Une fois dehors, la première impression qui m’envahit fut une intense tranquillité. Au fond de cette ruelle, les bruits de la ville nous parvenaient étouffés, donnant ainsi la sensation de se trouver isolé du reste du monde et les voisins autour semblaient être absents.

- Tu viens mon amour, murmura Samaël en me prenant la main.

- Je te suis, répondis-je en me laissant emporter vers la grille noire qui venait de s’ouvrir.

Si j’avais su où cela me mènerait…

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article