Sacrifices - 2

Publié le par Arkeane

"Un arbre immense tendait ses tristes branches mortes."

Un jeune homme, d’une vingtaine d’années à peu près, se tenait derrière. Des dreadlocks brunes en guise de cheveux, habillé d’un baggy kaki et d’un gros sweat noir.

- Félicitation pour ton diplôme ! le salua Samaël en s’approchant du jeune homme.

- Log ! Sama ! Quel plaisir de vous revoir tous les deux !

Ils entrechoquèrent leurs poings, et se prirent dans les bras, laissant éclater leur joie de se retrouver après une longue séparation. Je souriais devant ce spectacle si attendrissant. Puis une fois qu’ils eurent fini, le jeune homme inconnu se tourna vers moi :

- Et toi belle demoiselle, tu dois, sans aucun doute, être la petite copine de ce cher Samaël ?

- Oui, Yumi, murmurais-je en hochant la tête.

- Moi c’est Thomas, mais tu peux m’appeler Tom, c’est comme tu veux ! répondit-il en me tendant la main dans un geste théâtrale.

Dès que je l’eus attrapée, il m’attira à lui pour faire claquer sur mes joues deux baisers sonores. Je fus un peu étonnée de sa façon exagérée de m’accueillir.

- Eh oh, Lichen ! Doucement avec ma copine ! s’exclama Samaël.

- Lichen ? répétais-je interloquée.

- Oui, Lichen c’est le surnom de Thomas. On a commencé à l’appeler ainsi parce qu’il est toujours habillé en vert comme une plante, et qu’une fois posé quelque part on n’arrive pas à l’en décrocher ! m’expliqua Logan.

- Même pas vrai ! En plus le lichen n’est pas forcement vert ! s’écria Thomas, puis en se tournant vers moi il enchaina : et toi miss, est-ce que ces deux idiots t’ont donné un surnom ?

Avant que je puisse répondre, mon copain me devança :

- Oui ! C’est mon petit hérisson rouge ! s’exclama Samaël. Et il n’est rien qu’à moi, alors pas touche !

Ce magnifique surnom trouvé par mon chéri vient de mes cheveux. En effet, ils sont coupés assez court, tout ébouriffés avec du gel et teint en rouge.

- Ne t’inquiète pas mon pote, je n’y toucherais pas ! Du moins, pas pour le moment… ajouta-il plus bas en me fixant d’un air mystérieux.

Je vis pendant un instant briller la flamme de l’envie et de l’impatience dans ses yeux et son sourire carnassier me mis mal à l’aise. Instinctivement je me rapprochai de Samaël et cherchai sa main pour me rassurer, mais déjà Thomas avait repris son ton enjoué et son visage avenant pour nous inviter à le suivre dans le dédale d’un jardin laissé à l’abandon.

Est-il sérieux, ou bien s’amuse-t-il à me faire peur juste parce que je suis la copine de son meilleur ami ? Cela s’est passé en une fraction de seconde à peine, j’ai très bien pu imaginer son regard se poser ainsi sur moi… Je dois surement m’alarmer pour rien, comme d’habitude…

Mais pourtant, malgré ses airs décontractés et rieurs, quelque chose en lui me gênait, il ne m’inspirait pas confiance…

Perdue dans mes sombres pensées, je me frayais un chemin à la suite des trois garçons dans les hautes herbes et les fougères. Sur ma gauche un arbre immense tendait ses tristes branches mortes à l’assaut du ciel embrasé par le soleil couchant. Lugubre… Un frisson me parcouru.

- Ça va ? me demanda Samaël en m’aidant à franchir le bord du toit plat sur lequel nous étions montés par une petite échelle.

- Oui, oui… répondis-je en hochant la tête.

Et nous repartîmes, suivant notre guide qui voulait nous montrer son futur atelier de travail.

Du toit de ses voisins nous redescendîmes sur le sien, puis après avoir déplacé une planche de bois, faisant office de porte, nous pénétrâmes dans une petite pièce sombre et froide, jonchée de gravats en tout genre.

- Venez, venez, n’ayez pas peur !

La voix de Thomas nous parvint alors qu’il s’engouffrait déjà dans une autre salle. Lorsque nous le rejoignîmes elle s’avérait être plus grande, mais tout aussi encombrée d’outils et de matériaux de construction.

- Et voilà ! C’est ici que je vais bosser ! s’exclama-il joyeusement.

- C’est sympa ! Au moins maintenant, tu arrêteras de faire trainer tes affaires dans tous les coins de la maison, remarqua Logan.

- Ouais, c’est Marjorie qui va être contente ! lança Samaël en faisant le tour de la pièce.

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