Sacrifices - 4

Publié le par Arkeane

"Les regarder tournoyer et virevolter."

La soirée se poursuivit, l’air se chargeait de plus en plus en fumée, l’alcool coulait à flots et les convives paraissaient de plus en plus joyeux. Soudain, quelqu’un cria :

- Oh non, il n’y a plus de bières !

- Bande de poivrot ! répliqua aussitôt Samaël en se levant, ne bouge pas tes fesses Lichen, je vais aller en chercher ! Tu viens avec moi Yumi ?

- D’accord, j’arrive, répondis-je rapidement, bien trop contente de pouvoir m’éloigner un peu de tout ce monde avec qui je n’arrivais pas à discuter.

On se retrouva alors dans la cuisine, une pièce toute en longueur, située derrière la porte que j’avais aperçu en montant les escaliers.

- Tout va bien, mon petit hérisson ? me demanda gentiment Samaël en me prenant dans ses bras.

Je ne pouvais tout de même pas lui répondre, au risque de gâcher sa soirée, que non ça n’allait pas parce que ses potes me faisaient peur et que j’avais une étrange impression d’insécurité qui me préoccupait depuis que l’on était arrivé. Donc je menti :

- Oui très bien.

Et il parut satisfait de cette réponse, vu qu’après un rapide baisé il était déjà reparti en direction du salon avec son pack de bière sous le bras.

Merci de t’occuper de moi mon chéri… Ça me fait vraiment plaisir ! D’accord, tu n’as pas vu ces amis là depuis longtemps, mais ce n’est tout de même pas une raison pour m’abandonner à mon triste sort dans un coin ! grommelais-je pour moi-même, tout en retournant à mon tour dans la grande salle.

J’étais partie pour me rasseoir à un endroit où je ne dérangerais personne, lorsque Logan s’est soudainement approché et m’a tiré par le bras pour m’emmener au centre de la pièce.

- Qu’est-ce que tu fais ? me suis-je indignée.

- Je te fais danser, ça ne se voit pas ?

- Il n’y a même pas de musique et on est les seuls au milieu de…

- Attend, ça arrive ! me coupa-t-il.

En effet, les autres convives ont commencés à se rapprochés de nous, mû par un signal que je n’avais pas discerné et une musique s’éleva doucement des enceintes disposées dans la salle. Ce n’était toutefois pas le genre de musique que l’on entend couramment en soirées.

- Qu’est-ce que tu veux danser là-dessus ? m’alarmais-je brusquement, tandis que Logan posait une main sur ma taille et emprisonnait la mienne de son autre main.

- C’est une valse, ma belle ! repondit Logan en souriant.

- Quoi ? Ah non ! Logan, tu connais mon aversion pour la danse !

- Justement !

- Je ne sais pas danser, arrête !

Je tentais vainement de me débattre mais il me tenait fermement près de son corps.

- Détend-toi, ferme les yeux et suis la musique, chuchota-t-il d’une voix douce au creux de mon oreille. Je suis là pour te guider.

- Facile à dire…

- Yumi, ai confiance.

J’obtempérais face à son assurance malgré mes réticences, essayant tant bien que mal de le suivre sans lui écraser les pieds, mais mes efforts parurent insignifiants.

- Calme toi Yumi, tu t’en sors pas trop mal pour une première fois, me rassura-il avec son grand sourire.

- Pas convaincu… Mais logiquement, ça ne devrait pas être à mon copain de me faire danser ?

- Ah, il faudrait déjà qu’il sache le faire pour ça ! Mais ne t’inquiète pas, je lui apprendrais un de ses quatre.

- Ne te sens pas obligé non plus ! raillais-je.

Une fois que la danse - même si le mot torture conviendrait davantage - prit fin je m’éloignais au plus vite de la piste, bien décidée à récupérer un siège près de la table basse et à ne plus bouger.

Sincèrement, je peux affirmer que tout est bien singulier chez ces « artistes »… Mais cela ne m’empêchait pas de les regarder tournoyer et virevolter d’un air fasciné. A tel point que je ne m’aperçus pas qu’une femme s’était dangereusement rapprochée de moi en tanguant, un verre à la main.

- Eeh ! Faites attention !

- Oh ! Excusez-moi, je ne l’ai pas fait exprès, dit-elle bêtement après avoir renversé la moitié de son monaco sur moi.

Encore heureux que tu ne l’aies pas fait exprès… pensais-je avec irritation.

- La salle de bain est en haut si vous voulez vous nettoyer un peu. Je ne vous accompagne pas, je crains que l’état dans lequel je suis ne me permette pas de monter les marches avec assurance ! pouffa-elle.

Yeux étrécit, joues et oreilles rouges, problème de motricité, tendance à rire pour un rien… Cet état est ce que l’on appelle communément « être complètement éméchée »…

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