Sacrifices - 5

Publié le par Arkeane

"Le ciel d’un noir d’encre ornementé de centaines d’étoiles."

Cependant, je ne m’attardai pas à tenter inutilement de lui expliquer qu’elle avait trop bu et filai directement au deuxième étage, où un canapé était installé sur le palier.

Drôle d’endroit pour lui, songeais-je juste avant de me retourner et de voir l’immense fenêtre dans les escaliers. Elle offrait une vue dégagée sur les toits voisins et sur le ciel d’un noir d’encre ornementé de centaines d’étoiles. Cela donnait un très beau spectacle et je compris mieux pourquoi le vieux canapé en cuir vert se trouvait là.

Après cette petite réflexion sur la décoration intérieure, je poussai une des deux portes devant moi. Par chance, elle menait à la salle de bain.

C’était une petite pièce qui sentait le renfermé. Une douche était installée en face de la porte, un lavabo surmonté d’un miroir poussiéreux se situait juste à côté, et des toilettes étaient coincées dans le coin inférieur. Pour compléter ce charmant tableau, une lumière faiblarde tremblota lorsque j’appuyai sur l’interrupteur.

Une fois nettoyée, je redescendis, mais ce que je vis en bas me troubla.

Comment une soirée entre amis, pour fêter le diplôme d’un des leur, ai pu se modifier à ce point ?

Avant même que je monte, j’avais remarqué que l’atmosphère commençait peu à peu à changer. La musique s’était ralenti, la lumière avait diminué d’intensité, les couples s’étaient rapprochés et leurs danses s’étaient faites plus sensuelles, plus envoûtantes. Cependant, durant mon absence d’à peine quelques minutes, une musique sourde, aux accents dramatiques avait remplacé les valses et les invités ne dansaient plus, non, ils se déshabillaient… Ils se déshabillaient !

Je n’en croyais pas mes yeux, comment Samaël avait pu m’emmener dans ce genre de soirée sans m’avertir avant ! D’ailleurs, je ne savais pas où il était. Cela faisait un petit moment que je ne l’avais plus vu…

Néanmoins, j’apercevais, avec trop de netteté, tous ces gens regroupés sur la piste de danse ou affalés dans les canapés par groupe de deux, trois, ou bien plus, en train de s’électriser sous les caresses et les baisers.

Je rouvris les yeux, j’étais malheureusement toujours accolée au mur, dans cette pièce obscure où les corps nus s’enflammaient dans une ambiance irréelle. Je m’affolai de nouveau lorsque j’en aperçu certains, ayant abandonnés leurs jeux érotiques, se diriger vers moi d’un pas lent et sensuel.

Mon cœur battait à tout rompre, ils ne voulaient tout de même pas que je participe à cette débauche ? Sinon je leur expliquerais simplement qu’étant en couple je ne pouvais pas accepter leur invitation et que je ne savais pas que la soirée prendrait un tel tournant, autrement je ne serais jamais venue…

Ils comprendront, j’en suis sûr, songeais-je sans trop y croire.

Où pouvait donc bien être Samaël ? C’est alors qu’une pensée me frappa. Il était peut-être lui aussi coincé quelque part dans la maison avec ces gens bizarres autour de lui, le pressant de se déshabiller alors qu’il ne savait sûrement pas que la soirée dégénérerait à ce point… Ou alors, il le savait parfaitement et il était en train de prendre du bon temps avec un de ces corps sublime ! Je chassais très vite cette horrible pensée de mon esprit, Samaël ne me ferait jamais ça.

Trois personnes m’entouraient à présent, elles étaient nues, deux femmes et un homme, je reconnu Marjorie, la copine de Thomas. Elles tendaient leurs bras vers moi, faisant glisser leurs doigts sur mon visage. J’étais pétrifiée par l’embarras.

Je n’étais ni chaste, ni prude bien sûr, mais je n’avais connu que deux amants dans ma vie, et participer à une orgie ne faisait pas parti de mes fantasmes, tout comme me faire tripoter par des femmes.

- Viens avec nous, me susurra une voix à l’oreille.

Son souffle chaud dans mon cou me fit sursauter.

- N… Non, bégayais-je, je ne peux pas.

- Tu n’as pas vraiment le choix poupée, murmura Marjorie en me léchant le lobe de l’oreille.

Je tressailli, puis, en repoussant leurs mains avides, je m’exprimai avec toute la détermination dont j’étais capable :

- Non ! Lâchez-moi, où je hurle !

- Comme c’est mignon à cet âge-là.

- Tellement innocent, lui répondit la voix de l’homme, c’est si appétissant.

- Hâtons-nous mes amis, notre Seigneur attend peu, les pressa la copine de Lichen.

Je ne compris pas le sens de leurs échanges, mais à partir de ce moment leurs caresses se firent plus dures, ils m’attrapèrent par la taille et me trainèrent vers le centre de la pièce. Je me débâtais et hurlais de toutes mes forces mais ils me tenaient avec fermeté.

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