Sacrifices - 7

Publié le par Arkeane

"Du sang chaud et poisseux commença à s’écouler."

Pourquoi ne font-ils rien ? Ce sont des gens qu’ils connaissent, alors pourquoi ne leurs disent-ils pas d’arrêter ? Pourquoi ne prennent-ils pas ma défense ? Pourquoi me laissent-ils là, aux mains de ces tortionnaires ?

Marjorie posa son couteau sur ma joue en appuyant légèrement pour me faire tourner la tête vers elle, puis elle se pencha. Elle était si proche de moi que je sentis son souffle chaud sur mes lèvres, tandis que son poignard se repositionna sur ma jugulaire.

- Je vais te raconter une histoire poupée, pour que tu comprennes l’honneur qui t’es fait de servir notre Maitre Asmodée.

Non. Non je ne veux pas savoir ! Cela m’est égal puisque le résultat sera le même. Je vais mourir, vous aller me tuer ! Faites le vite, c’est tout ce que je vous demande… Arrête de jouer et agit bon sang !

Mes larmes s’écoulaient le long de mes tempes et j’imprégnai mon regard de toute la haine que j’éprouvais pour cette femme, et du dégoût que m’inspirait Samaël, là, prostré dans son coin alors que c’était lui qui m’avait amené ici ! Mais cela n’empêcha pas Marjorie de continuer sur sa lancée, comme si elle n’avait rien vu.

- Tu vois, ma belle, nous sommes un clan de démon assujetti à Asmodée, notre Maître. Nous le servions admirablement bien dans les Enfers et un jour Il décida de nous accorder un séjour sur Terre. C’était une marque inestimable de confiance que de nous permettre de veillez à ses intérêts ici, malheureusement certains se sont montrés trop gourmand de cette liberté et cela jeta l’opprobre sur tout notre clan.

Tout en parlant, Marjorie faisait danser la lame sur ma peau, traçant des sillons ardents à son contact.

- Les plus fidèles d’entre nous, qui ne voulait pas être assimilé aux traîtres, les attrapèrent et leur firent regretter de maintes façons, plus ou moins douloureuses, leur crime. Cela plu énormément à notre Seigneur, qui, pour remercier cet acte de loyauté, nous autorisa à rester sur Terre tant que nous lui offrions un tel spectacle au moins une fois par année.

C’est officiel, elle est folle à lier ! Des démons et un maître qui leur ordonne de tuer ? Sérieusement elle ne pouvait pas inventer quelque chose de plus crédible si elle veut une raison pour commettre un meurtre… Et le plus choquant, c’est qu’il y a des gens qui la suivent dans son délire…

Elle s’arrêta un instant de parler, sûrement pour faire un effet de style, puis elle reprit d’un ton enjoué :

- Et c’est tombé sur toi ! Remercie Samaël de son amour, car grâce à lui tu auras la fierté de divertir notre Maître ! Car oui, une des conditions étant qu’on ne peut offrir qu’une personne qui nous est chère. C’est pour symboliser nos frères et sœurs de clan perdus par leur trahison. N’est-ce pas Samaël ?

Elle venait d’insinuer que mon petit ami était lié à cette folie et qu’il y jouait même un rôle important… Non ce n’était pas possible… Il m’avait juste amenée ici en ne sachant pas que Marjorie n’avait pas pris ses médicaments et qu’elle était en pleine phase de délire psychotique, et à présent il ne savait pas comment se comporter pour l’arrêter sans risque… Mais bon sang, pourquoi n’appelait-il pas la police dans ce cas !

La voix de Marjorie se fit de nouveau entendre, plus impatiente :

- N’est-ce pas Samaël ?

- Oui…

Et là, mon monde s’écroula à ce simple mot. Il venait d’avouer s’être servi de moi et de m’avoir conduite ici pour réaliser le fantasme tordu de cette femme… Comment pouvait-elle affirmer qu’il m’aimait ! Il venait de me livrer de son plein gré à des tueurs psychopathes ! Je le haïssais lui aussi, tout autant qu’elle et que tout ceux présent dans cette assemblée morbide.

- Approche, et viens goûter le sang de celle que tu as aimée et que tu as offerte à notre Seigneur et Maître.

Tandis qu’il s’approchait d’un pas lourd et lent, Marjorie incisa plus profondément ma chair en dessous de ma clavicule gauche. Je sentis soudainement la morsure froide de l’acier, ce qui me tétanisa et me fit glapir de douleur, bien que le bâillon en étouffât une grande partie. Du sang chaud et poisseux commença à s’écouler de la plaie lorsque Samaël arriva à côté de la table. Je lui lançai un regard haineux malgré mes larmes, mais ce que je vis dans le sien me perturba. Ses yeux ne reflétaient que tristesse et résignation, mais ils semblaient également me dire : « je suis désolé, pardonne moi, je n’avais pas le choix… »

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