L'Impératrice des Chimères - Jérôme Camedescasse

Publié le par Arkeane

L'Impératrice des Chimères - Jérôme Camedescasse
La Chevelure de Hel

 

 

 

Titre : L'Impératrice des Chimères

Auteur : Jérôme Camedescasse

Édition : Crin de Chimère

Parution : Mars 2020

Genre : Dark Fantasy

Nombre de page : 500

 

 

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

Brouillard de cauchemar mortifère, la Chevelure de Hel a envahi les Terres du Nord. Tjor de Noirelouve est-il animé par sa foi, ou par une sorte de témérité aveugle, pour oser vouloir s’y frotter et chasser une telle malédiction ? Entouré d’une cohorte de « héros » aux motivations aussi variées que douteuses, il devra s’y aventurer et y affronter des créatures vomies des tréfonds des enfers.
Perdition. Aliénation. Au-delà de ces monstruosités et de ces sbires décérébrés, un être malicieux attend. Une entité inconnue déterminée à retourner contre eux angoisses et déchirures de l’âme grâce à moult illusions. Invisible et insaisissable, elle sèmera leur chemin d’embûches, déterminée à les détruire ou les confiner à la folie.

 

Mon avis :

Première parution d'une jeune maison d’édition, une couverture magnifique, un thème attrayant, un genre intriguant... Sur le papier ça avait l'air d’être un très bon livre et j'avais hâte de le lire. Malheureusement, je dois dire que j'ai été déçue par cette lecture.

 

Commençons par l'histoire. On nous lâche dedans plus ou moins sans explication et les enjeux m'ont paru nébuleux et pas vraiment bien défini. Ma plus grande question jusqu'à la fin a été : mais pourquoi les personnages font-ils tout ça ? Ça a donc été très compliqué pour moi de m’investir dans ce récit.

Il faut noter aussi que la narration est chaotique. Un début de chapitre ne correspond bien souvent pas à la fin du chapitre précédant, il y a de nombreuses ellipses sans réelle utilité et certaines situations importantes sont résolues en narration indirecte dans un chapitre suivant. Il y a aussi toute une dimension onirique faisant que des passages entiers ne sont pas réels.

Je pense comprendre ce qu'a ainsi cherché à faire l'auteur, à savoir perdre totalement son lecteur, au même titre que ses personnages, dans un monde angoissant et chimérique, ne sachant pas ce qui est vrai de ce qui est faux. Mais personnellement je n'ai pas du tout accroché à ce procédé que j'ai trouvé frustrant et désagréable.

 

Les personnages ne sont pas mieux traités. Ils sont fades et je n'ai pas trouvé leurs backgrounds intéressants. J'ai oscillé tout le long de ma lecture entre indifférence et antipathie pour eux.

On suit un groupe formé de sept personnes qui n'ont rien en commun : pas la même vision des choses, pas les mêmes objectifs, pas la même mentalité... On se demande vraiment ce qu'ils font ensemble et pourquoi ils le font.

La narration s'alterne pratiquement entre chacun d'eux ce qui veut dire que nous avons accès à leurs pensées mais cela n'a pas réussi à me les rendre attachants car quoi qu'il arrive ils paraissent froids et dénués d’émotion et les liens qu'ils entretiennent entre eux semblent artificiels et ne sont pas assez développés pour être attrayants.

Les passages dans le monde des songes ne m'ont pas aidés non plus à m’inquiéter pour les personnages puisque ce qu'ils vivaient pouvait être totalement faux. Cela a même ruiné un moment qui aurait dû être particulièrement émouvant.

 

J'ai trouvé le style d’écriture pompeux et pédant. Les phrases sont alambiquées à outrance et le vocabulaire est inutilement complexe, rendant la compréhension générale du texte difficile. De plus, les personnages sont nommés de trop de manière différentes, perdant une fois de plus le lecteur sur l'identité de chacun et créant des approximations. Par exemple, le personnage nommée Rehn est aussi appelée : l'élémentaliste, la magicienne, la sorcière, l'enchanteresse, la tempestaire... pour moi toutes ses appellations sont différentes et le type de pouvoir que cela implique aussi. Nous avons le même problème avec le personnage de la Dame dorée, aussi désignée par l'Elfe, l'Alfe, la vaettir, la prophétesse, la Norne sans aucune raison si ce n'est celle d’éviter les répétitions (ce qui pourtant ne gène pas lorsqu'il s'agit des noms des personnages) et de montrer que l'on connaît plein de termes différents (mais pas leurs significations).

 

Grâce à ce livre je souhaitais découvrir davantage le genre de la « dark fantasy ». J’espère néanmoins qu'il ne se résume pas qu'à du sexe, des viols, des insultes et de la violence car alors j'en aurais vite fait le tour.

Je ne comprends pas non plus l'utilité de mélanger les références nordique, extrêmement présentes dans ce livre, à quelques unes celtique. Je trouve que cela crée une disharmonie dans la cohérence de l'univers.

 

Pour toutes ces raisons ma lecture a été particulièrement longue et fastidieuse. Je ne suis arrivée à son terme que parce que j’espérais qu'il y ait de meilleurs explications à tout cet enchaînement sans queue ni tête, mais ça n'a pas été le cas. Cependant, malgré cette déception, je continuerai encore de soutenir cette maison d’édition car d'autres livres, peut-être davantage à mon goût, m'attendent.

 

Pour conclure, je ne vous conseillerais ce livre que si vous appréciez les histoires contemplatives, longues et lentes, sinon je vous recommande de passer votre chemin.

Publié dans Avis Livresque, Mes avis

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